03/03/2014

Polluants prioritaires


 Hiérarchiser et classer les substances présentes

Aujourd’hui, le recours aux méthodes de hiérarchisation est de plus en plus fréquent pour classer les substances présentes dans l’environnement selon le risque encouru, qu’il soit environnemental ou sanitaire. Les polluants de l’air intérieur sont nombreux et ne présentent pas tous un intérêt équivalent en termes de santé publique

Un classement des polluants de l'air intérieur a été effectué sur la base de critères de toxicité à court et long terme, des niveaux d'exposition observés, de la traçabilité de certaines sources ainsi que sur la fréquence d'apparition des polluants dans les bâtiments. Une telle classification permet de disposer d'une vision prospective des enjeux sanitaires liés à la présence potentielle de ces substances dans l'air et aux poussières.

Parmi les premières de son genre en 2002, cette hiérarchisation sanitaire a été réalisée par l’équipe de Vincent Nedellec Consultant (VNC) au sein d’un groupe de travail de l’Observatoire dédié réunissant des spécialistes en métrologie, en épidémiologie et en chimie, selon une démarche d'évaluation quantitative des risques sanitaires.

Un indice de hiérarchisation (IH) est calculé selon trois sous-indices :

•indice de potentiel de risque aigu (noté sur 5),
• indice de potentiel de risque chronique (noté sur 10),
• indice de fréquence de détection à l’intérieur des logements (note sur 5).
Une première hiérarchisation des substances présentes dans les logements a été élaborée en 2002. Elle a permis de sélectionner les polluants ou familles de polluants à mesurer lors de la campagne nationale dans les logements.

Ce classement de plus de 70 substances présentes dans les logements a été complété, en 2005, par l’ajout de 29 substances de la famille des composés organiques semi-volatils (phtalates, retardateurs de flamme bromés, pesticides, etc.).

En 2010, une seconde mise à jour a été réalisée (Alméras, 2010). Elle a permis de prendre en compte les connaissances les plus récentes sur les polluants de l’air intérieur.

Au préalable, un inventaire bibliographique des hiérarchisations conduites dans les autres pays pour les polluants de l’air intérieur a été réalisé afin de conforter la démarche ou au besoin de faire évoluer. La méthode initiale de hiérarchisation établie en 2002 par l’OQAI. Il en ressort que les méthodes proposées et retenues dans le domaine de la qualité de l’air intérieur depuis 2002 sont relativement similaires (Azuma et al, 2007 ; RIVM, 2007 ; Bonvallot et al, 2010 ; Logue et al, 2010) et assez proches de l’approche initiale de l’OQAI. Ainsi, la méthode développée par l’OQAI par Mosqueron et al. (2002, 2004) a été reproduite pour la mise à jour de la hiérarchisation en 2010. Les évolutions suivantes ont cependant été proposées :

• La hiérarchisation a été restreinte aux polluants chimiques. En effet, la méthode nécessitant l’utilisation de VTR, non disponibles à ce jour pour les biocontaminants et la majorité des agents physiques, ces derniers ne peuvent in fine être classés. La hiérarchisation de ces polluants de l’air intérieur nécessiterait une réflexion spécifique afin de prendre en compte les connaissances sanitaires disponibles et les sources et facteurs influençant l’exposition à ces polluants pour identifier les priorités d’actions.
• La liste des substances chimiques susceptibles d’être présentes dans l’environnement intérieur (air et poussières) a été complétée. Une revue de la littérature portant sur les substances mesurées dans les environnements intérieurs (France et autres pays) a permis d’enrichir cette liste. En outre, les données relatives aux émissions des matériaux et produits de construction et de décoration et aux produits de consommation ont été examinées pour inventorier les substances chimiques susceptibles d’être présentes dans l’air et/ou les poussières car émises dans l’environnement intérieur (mêmes si elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de mesures in situ ensuite). Les publications scientifiques dans le domaine, ainsi que, par exemple, les données françaises produites à la suite de la mise en place du protocole Anses de caractérisation des émissions de COV par les matériaux (ANSES, 2009), les données de la base PANDORE  ou encore celles de l’Agence de l’environnement du Danemark , ont été recensées.
• Afin de « maximiser » le nombre de substances chimiques pouvant être hiérarchisées, les données de toxicité compilées ont été élargies aux VTR construites par l’ Anses (cancérogènes et reprotoxiques), aux valeurs toxicologiques construites dans le cadre d’autres hiérarchisations des polluants de l’environnement intérieur (Azuma et al, 2007 ; Bonvallot et al, 2010 ; après vérification que seuls des critères sanitaires ont été pris en compte dans l’élaboration), à des indices toxicologiques construits à partir des VLEP. Malgré les limites associées, ceci permet l’intégration du plus grand nombre possible de substances à la hiérarchisation. Les indicateurs de qualité associés (voir ci-dessous) permettent en tout état de cause d’identifier les substances pour lesquelles ces indices toxicologiques sont utilisés. Enfin, sur le volet des effets sur la santé, la classification européenne CMR a été prise en compte en plus de celles du CIRC et de l’US-EPA, pour la détermination de l’indice de cancérogénicité.
• Les données de concentration ont été élargies aux écoles et aux bureaux, environnements pour lesquels une hiérarchisation spécifique a été réalisée.
• Afin d’estimer la qualité des données recensées et utilisées dans l’exercice de hiérarchisation, des indicateurs de qualité ont été créés. Ils permettent de repérer facilement si la classification finale est fondée sur des données d’exposition françaises ou d’autres pays, sur des VTR ou bien des indices toxicologiques, ou encore si aucune donnée n’est disponible pour la substance.

Les différentes hypothèses de travail ont été testées par des analyses de sensibilité.

In fine, 1 026 substances ou mélanges de substances potentiellement présents dans l’environnement intérieur ont été retenus pour la hiérarchisation. Cette liste a servi de point de départ pour chacune des hiérarchisations (logements, écoles et bureaux).
Pour en savoir plus

Description : http://www.oqai.fr/userdata/apercus/Document_13.png

Hiérarchisation sanitaire des paramètres d'intérêt pour l'OQAI : application aux composés organiques semi-volatils (2005)
29 substances supplémentaires ont été intégrées à la grille de classement établie en novembre 2004. Ces substances appartiennent aux cinq groupes chimiques suivants : les phtalates, les alkyl phénols et leurs dérivés, les retardateurs de flammes bromés, les composés organoétains et les paraffines à chaîne courte. Après un bref rappel de la stratégie de hiérarchisation mise en œuvre, une présentation des niveaux d’exposition dans l’air intérieur et des valeurs toxicologiques de référence, les résultats concernant ces 29 composés sont exposés et intégrés à la grille de classement initialement établie pour plus de 70 substances.


Description : http://www.oqai.fr/userdata/apercus/Document_14.png

Hiérarchisation sanitaire des paramètres mesurés dans les bâtiments (2002)
Plus de 70 substances ont fait l’objet de cette première hiérarchisation sanitaire. Basée sur une démarche d’Evaluation Quantitative des Risques Sanitaires approuvée par le Conseil Scientifique de l’OQAI, cette classification prend en compte divers facteurs : toxicité aigue et chronique, fréquence d’apparition dans les environnements intérieurs, niveaux d’exposition,etc… Cette classification des substances néfastes pour la santé permet de disposer d’une vision prospective des enjeux sanitaires liés à la présence potentielle de ces substances dans l’air et les poussières des bâtiments.





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