14/04/2014

La pollution de l'air intérieur coûterait près de 20 milliards par an en France

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rédigé la première facture des différents coûts générés par la pollution de l'air intèrieur.



Vous ne regarderez plus votre intérieur comme avant. Les particules et autres polluants atmosphériques ne sont pas seulement nocifs dans la rue : la pollution de l'air intérieur a aussi un impact sur la santé dont le coût global pour la collectivité atteindrait environ 19 milliards d'euros par an. Décès prématurés, remboursement des soins, pertes de production... L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rédigé la première facture, encore incomplète, des différents coûts générés par la pollution de l'air intérieur, en partenariat avec l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur et Pierre Kopp, professeur d'économie à la Sorbonne.
Cette étude, la première du genre sur l'air intérieur où nous passons près de 90 % de notre temps, se veut "plus illustrative que quantitative" en raison du manque de données pouvant exister pour certains polluants, précisait vendredi l'Anses. L'étude s'est limitée aux conséquences sanitaires et économiques de six polluants, les mieux étudiés : benzène, radon, trichloréthylène, monoxyde de carbone, particules et fumée de tabac. 

Près de 20 000 décès par an
Tabagisme passif, maladies respiratoires liées aux particules, cancer du poumon associé au radon (gaz radioactif d'origine naturelle qui se concentre dans un bâtiment mal ventilé) ou leucémie liée au benzène (pouvant être présent dans des produits de bricolage, meubles, isolants, etc.) : l'Anses évalue à près de 20 000 par an les décès prématurés provoqués par ces six polluants de l'air intérieur. Le coût global de la pollution - 19,5 milliards d'euros - a été établi en additionnant le coût estimé des vies humaines perdues, celui de la dégradation de la qualité de vie liée aux traitements médicaux, les pertes de production pour l'économie mais aussi le coût pour les finances publiques à travers les dépenses en soins et en recherche.
Parmi les six polluants étudiés, le poids des particules est majeur avec quelque 16 000 décès prématurés estimés et un coût représentant les trois quarts (73 %) de la facture globale. Au-delà des chiffres, cette "étude exploratoire" visait principalement à "démontre(r) la faisabilité" d'une telle approche socio-économique, souligne l'Anses, qui reconnaît les limites de l'exercice, en raison par exemple d'un manque de données sur les niveaux de concentration des polluants "dans les différents lieux de vie et pas seulement dans les logements". 

"Moisissures"
Pour affiner la facture, l'Anses juge aussi nécessaire de prendre en compte "d'autres polluants communément présents dans les environnements intérieurs comme le formaldéhyde (présent dans les colles, vernis, revêtements, etc.) et les moisissures". À l'automne, une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD) portant sur la pollution de l'air en général avait estimé le coût pour le système de soins en France entre 0,7 à 1,7 milliard d'euros par an. En prenant en compte la mortalité et les coûts économiques, le coût global de cette pollution pour la collectivité était estimé entre 20 et 30 milliards par an. 

Le Point.fr - Publié le

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